Le Renault Group a annoncé le lancement de sa nouvelle stratégie « futuREady », qui définit les grandes orientations de la prochaine phase de transformation du groupe dans l’industrie automobile, dans un contexte mondial marqué par une concurrence accrue et une accélération de la transition vers l’électrification et la numérisation. Cette feuille de route vise à renforcer la position du groupe et à en faire une référence européenne dans l’industrie automobile, en combinant innovation technologique, excellence opérationnelle, amélioration de l’expérience client et croissance durable à moyen et long terme.
Dans un communiqué dont le site GoDrive a reçu une copie, le groupe a indiqué que cette stratégie représente une nouvelle étape dans le processus de transformation engagé ces dernières années, après les résultats obtenus grâce au précédent plan de transformation qui a permis de repositionner ses marques et de renforcer sa compétitivité sur les marchés européen et international. Le groupe précise que le plan « futuREady » repose sur quatre piliers principaux : accélérer la croissance, renforcer l’innovation technologique, atteindre l’excellence opérationnelle et consolider la confiance avec l’ensemble des partenaires.
La nouvelle stratégie place le produit et l’expérience client au cœur de ses priorités. Le groupe prévoit ainsi de lancer 36 nouveaux modèles d’ici 2030, dont 16 véhicules électriques, ainsi que 14 modèles destinés aux marchés internationaux. Ce programme vise à élargir l’offre de véhicules électrifiés et à renforcer la présence du groupe sur les marchés mondiaux, tout en maintenant une position solide en Europe et en s’ouvrant davantage à des zones de croissance telles que l’Inde, l’Amérique du Sud et la Corée du Sud.
Le groupe ambitionne également d’atteindre des objectifs commerciaux importants, notamment la vente de plus de deux millions de véhicules par an d’ici 2030, avec une répartition équilibrée entre l’Europe et les marchés internationaux, ainsi qu’une part croissante de véhicules électriques ou électrifiés dans ses ventes.
La stratégie concerne aussi le développement des trois marques du groupe, à savoir Renault, Dacia et Alpine. Chacune poursuivra son développement selon des orientations spécifiques. La marque Renault prévoit de renforcer son positionnement en Europe avec le lancement de 12 nouveaux modèles, tout en accélérant l’électrification de sa gamme et le développement des véhicules électriques et hybrides. De son côté, Dacia poursuivra sa stratégie fondée sur une offre automobile compétitive combinant accessibilité et coûts maîtrisés, tout en élargissant sa présence sur le segment C et en accélérant l’électrification de sa gamme. Quant à Alpine, la marque se concentrera sur le développement de véhicules sportifs électriques à haute performance, avec notamment le lancement de la nouvelle génération du modèle A110 et l’élargissement de sa gamme avec de nouveaux modèles.
L’expérience client constitue également un axe central de la stratégie. Le groupe entend développer une approche globale accompagnant le client à chaque étape du cycle de vie du véhicule, que ce soit lors de l’achat de véhicules neufs, des services après-vente, du marché des véhicules d’occasion ou des solutions de financement proposées par sa filiale financière Mobilize Financial Services. L’objectif est d’atteindre un taux de fidélisation de la clientèle pouvant atteindre 80 % à l’horizon 2030.
Sur le plan technologique, le groupe mise fortement sur l’innovation comme moteur de croissance. Il prévoit le développement de nouvelles plateformes électriques capables d’offrir une autonomie pouvant atteindre 750 kilomètres, avec la possibilité d’atteindre 1 400 kilomètres pour certaines versions dotées d’un prolongateur d’autonomie. Ces véhicules bénéficieront également d’une architecture électrique de 800 volts, permettant une recharge rapide pouvant descendre à environ dix minutes dans certains cas. Par ailleurs, Renault développe une nouvelle génération de moteurs électriques pouvant atteindre 275 chevaux, avec un rendement pouvant atteindre 93 %, sans recours aux terres rares.
Le groupe travaille également sur une nouvelle architecture électronique basée sur le concept de véhicule défini par logiciel. Environ 90 % des fonctionnalités du véhicule pourront être mises à jour à distance grâce aux mises à jour logicielles. Un nouveau système d’exploitation automobile, développé en partenariat avec Google, permettra de gérer de manière intégrée les systèmes d’infodivertissement, les aides à la conduite et les fonctions numériques, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de véhicules intelligents.
Au niveau industriel, Renault prévoit d’améliorer l’efficacité de ses opérations de production en réduisant le cycle de développement des nouveaux véhicules à moins de deux ans, tout en renforçant l’utilisation de l’intelligence artificielle et de la numérisation dans ses usines. Le groupe s’appuiera notamment sur le concept de jumeau numérique pour suivre les processus industriels en temps réel dans ses différents sites de production à travers le monde. Il prévoit également l’intégration de centaines de robots dans les chaînes de production et la réduction du nombre de pièces dans les véhicules jusqu’à 30 %.
Ces mesures visent à améliorer la qualité, réduire les défaillances et optimiser les coûts de production. Le groupe ambitionne notamment de réduire les coûts variables par véhicule d’environ 400 euros par an, de diminuer les coûts de lancement des nouveaux projets jusqu’à 40 %, et de réduire les coûts logistiques d’environ 30 % grâce à une gestion plus efficace de la chaîne d’approvisionnement.
Renault vise également des performances financières solides et durables, avec une marge opérationnelle comprise entre 7 % et 8 %, ainsi qu’un flux de trésorerie libre d’au moins 1,5 milliard d’euros par an dans son activité automobile.
Dans le cadre du renforcement de ses partenariats industriels, le groupe continuera de coopérer avec plusieurs constructeurs internationaux, notamment Nissan, Mitsubishi Motors, Geely et Ford Motor Company, tout en préservant son indépendance industrielle et technologique en Europe. Le groupe prévoit également de produire plus de 300 000 véhicules par an pour le compte de partenaires d’ici 2030, à travers des sites de production répartis sur trois continents.
Aujourd’hui, le groupe est présent dans plus de 100 pays et emploie près de 100 000 collaborateurs. Il a vendu plus de 2,3 millions de véhicules en 2025. Dans le cadre de ses engagements environnementaux, Renault ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en Europe d’ici 2040 et au niveau mondial d’ici 2050, grâce au développement d’une nouvelle génération de véhicules électriques et à l’innovation dans le domaine de la mobilité durable.

